Les années 2000 auront donné le pire comme le meilleur... malheureusement la musique n'échappe pas à l'emprise des grandes majors qui ont le flair pour exploiter un filon jusqu'à l'écoeurement. Le Rock lui aussi n'est pas épargné et souffre de ce phénomène et de cette uniformisation... l'exemple le plus pertinent étant cette vague de Rock anglais, initié par des groupes comme The Libertines ou The Arctic Monkeys recyclant encore et toujours les même riffs réchauffés et fausses poses provocatrices.
L'Angleterre qui fut jadis la vivier du Rock semble, aujourd'hui, en perte de vitesse. Si le puits s'est taris il reste cependant une lueur d'espoir outre atlantique en la personne d'un homme originaire de Detroit.
Jack White (John Anthony Gillis de son vrai nom) forme The White Stripes en 1997 avec Meg White (qu'il présentera parfois comme sa soeur ou comme son ex femme).
Dès leur premier album éponyme sortis en 1999, la formation s'inscrit dans la mouvance Rock de son époque, notamment en intégrant comme tout bon groupe de Detroit l'influence de groupe comme The Stooges ou MC5.
Mais c'est sans compter sur le talent, l'intelligence et l'immense culture musicale d'un Jack White qui voue un culte aux racines de la musique américaine. Que ce soit le Delta Blues (ou Country Blues) avec Robert Johnson, Son House, Blind Willie Mc Tell... le Folk d'un Bob Dylan ou la Country de Dolly Parton... ce sont tout autant d'éléments qui viennent enrichir la musique voulu par White. L'aspect rudimentaire et imparfait de la musique est aussi un composant essentiel de son oeuvre. Jouer sur une guitare désaccordée ne semble pas poser de problème pour White qui préfère de loin entendre des fausses notes avec une guitare à deux balles sur un vieux disque de Blues qu'une armada de stratocaster sur un album à la prod' aseptisée.

Visuellement le groupe tranche aussi énormément avec la concurrence, là où tout n'est que perfecto, jeans troués et cheveux gras... les Stripes eux ont su créer leur propre univers. Un univers ou les couleurs dominantes sont le rouge, le blanc et le noir donnant à tout cela une saveur gothico - enfantine pouvant laisser croire que le duo sort tout droit d'un film de Tim Burton.
Tout ces éléments combinés à une forte envie d'en découdre avec la scène fait la réputation du groupe qui crée d'abord la sensation dans son propre pays avant d'exploser mondialement avec l'album Elephant (2003) et son riff entêtant Seven Nation Army qui avant de devenir l'hymne des stades fut brandit comme étendard... le Rock est de retour.
Le phénomène The White Stripes prenant énormément d'ampleur, Jack White a l'intelligence de prendre cette nouvelle notoriété avec calme, recul et humilité.
Ce qui il faut l'admettre déconcerte la presse Rock qui voit en lui le nouveau Kurt Cobain.
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L'orientation musicale qu'il fait prendre au groupe par le biais du successeur de Elephant: Get Behind Me Satan... la guitare en retrait au profit des claviers et percussions déroute la critique comme les fans mais instaure la réputation de Jack comme un artiste à la liberté musicale totale. Une réputation qui permet à notre homme d'être adoubé et de croiser le fer avec des artistes de renom tel que Jimmy Page, Bob Dylan, The Rolling Stones...
Malheureusement l'épanouissement artistique de White ne va pas forcément de pair avec celui de sa comparse qui multiplie les dépressions et crises d'angoisses, privant au passage au 6ème album du groupe Icky Thump d'être interprété à grande échelle sur une grande tournée.
C'est l'occasion que saisit Jack White pour laisser The White Stripes de côté et fonder avec le guitariste Brendan Benson, le bassiste Jack Lawrence et le batteur Patrick Keeler le side project The Raconteurs. La musique interprété par le groupe est assez similaire en terme d'influence avec ce que faisait White avec son précédent groupe, à ceci près qu'il bénéficie (enfin !!! diront les détracteurs de Meg White) d'une section rythmique bien plus élaborée. De cette collaboration naît deux albums: Broken Boy Soldier (2006) et Consolers of the Lonely (2008).
En 2009, Jack White s'attelle à un nouveau projet avec Alison Mosshart (Chanteuse de The Kills), Dean Fertita (Queen of the Stone Age), Jack Lawrence (bassiste de The Raconteurs). Ensemble ils forment The Dead Weather un groupe plus ancré garage rock et où l'apport aux compositions de la part de Jack White est plus limité n' officiant dans le groupe qu'en tant que batteur. Le groupe sort l'album Horehound et prévoit d'ores est déjà de donner suite à leur collaboration avec la sortie en 2010 d'un second opus.

Très productif et véritable mutli instrumentiste Jack White a largement sa place dans le panthéon des icônes du Rock, bien que l'âge d'or de ce dernier soit derrière nous. La décennie qui commence ouvre un nouveau chapitre de son histoire et ce sont des gens comme White qui l'écriront.
Discographie de Jack White
avec The White Stripes :
The White Stripes
De Stijl
White Blood Cells
Elephant
Get Behind Me Satan
Icky Thump
avec The Raconteurs :
Broken boy soldiers
Consolers Of The Lonely
avec The Dead Weather :
Horehound
Superbe note, je partage l'enthousiasme pour les " white " et l'osmose qui se dégage d'eux.
RépondreSupprimerLe DVD est esthétique, brut, passionné, dépouillé, intelligent....comme leur musique !
Et Jack White est un grand, il est en train d'écrire sa part d'histoire dans la musique....magnifique artiste !